Boeing vs Airbus

Publié le par ideesmobiles.over-blog.com

La défaite d’Airbus face à Boeing dans la compétition qui les opposaient pour le remplacement des avions ravitailleurs fait les gros titres de la presse économique et à la lecture des comptes-rendus je me demande si les journalistes ne passent pas à coté de l’essentiel c’est à dire un cas typique de la malédiction du vainqueur. Reprenons les éléments.

  • Le coût de développement d’un nouvel avion est assorti d’une incertitude énorme et en général à une sous-évaluation comme montre les exemples récents de l’A400M, l’A380 ou le Boeing 787.
  • Dans la concurrence qui les opposent d’après les informations parues dans la presse, Airbus propose un modèle déjà existant (et donc dont les coûts de développement sont déjà partiellement amortis et en tout cas connus) alors que Boeing propose un avion n’existant que sur le papier.
  • Le critère de choix annoncé est essentiellement le prix.
  • L’appel d’offre se fait par enchère privées : chaque concurrent ne connaît pas le montant de l’offre de l’autre offre.
  • C’est la troisième itération de l’appel d’offre (puisque les deux précédentes ont été annulées) et les prix de l’offre de Boeing ont très largement baissé.
  • Il semble que l’offre de Boeing soit beaucoup moins chère que celle d’Airbus.
  • Des rumeurs ont circulées avant l’annonce du résultat comme quoi Airbus avait fait une offre très compétitive sur le prix… ce qui ne s’est pas vérifié au moment où les offres ont été dévoilées.
  • Airbus a décidé de ne pas faire appel.

Il me semble que tous les ingrédients soient réunis pour faire un cas d’école de malédiction du vainqueur : Boeing sous-estime les coûts de développement – en parti sous la pression des rumeurs d’offre à bas coût d’Airbus – et grâce à cela emporte le marché mais se retrouvera avec un problème de rentabilité lorsqu’il devra exécuter le contrat. Si c’est bien le cas, toute la question sera de savoir si Boeing aura la possibilité de répercuter les surcoûts imprévus à l’armée américaine – comme Airbus l’a fait pour l’A400M – et c’est peut-être là que ce situe le vrai avantage comparatif de l’américain !

Publié dans Economie

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