Mon programme 2012 - Introduction

Publié le par ideesmobiles.over-blog.com

J’ai toujours voté. A toutes les élections sans exception. J’ai toujours voté comme je le pense chacun devrait voter : en fonction du programme des candidats et plus précisément de l’adéquation de celui-ci à ce que je crois être prioritaire pour l’intérêt général et de mon estimation de leur faisabilité.

 

Je sais, cela peut sembler naïf. Les programmes n’engagent que ceux qui y croient… Sauf que je n’ai pas la naïveté de croire que les programmes seront réellement mis en œuvre. Je considère les programmes comme des signaux, certes imparfaits, des priorités des hommes politiques et partis qui les promeuvent et mon objectif est de choisir l’homme ou le parti ayant les mêmes priorités que moi ou plutôt celles qui sont les moins éloignées des miennes. J’ai également tendance à me concentrer sur les mesures concrètes plutôt que les idées générales, sur les moyens plutôt que sur les éventuelles annonces de résultats… Un discours annonçant par exemple une réduction du chômage de moitié me laissera de marbre, un autre promettant une augmentation de X % des moyens de formation professionnelle des chômeurs me tentera beaucoup plus.

 

D’habitude, je juge chaque programme sur pièce. Je compare chaque programme et choisi celui qui colle le mieux à mes convictions. Pour la présidentielle 2012, vu que j’ai en ce moment pas mal de temps pour y réfléchir, je vais aborder les choses autrement : je vais faire l’exercice en double aveugle : faire mon programme personnel avant que les politiques publient le leur. Cela a un grand avantage : si j’en crois l’excellente série « A la maison blanche », une bonne partie du jeu politique consiste à fixer le débat sur les sujets où son parti a un avantage très net sur l’adversaire. L’idéal est de trouver un sujet qui rassemble son propre parti mais divise le parti adverse et en faire un des sujets principaux d’une campagne. C’était typiquement le jeu de la droite depuis quelques années avec la sécurité et l’immigration : des sujets qui divisent la gauche et rassemblent la droite. Cette stratégie est très efficace et pernicieuse car elle peut masquer d’autres sujets beaucoup plus importants (le chômage, le développement économique…). Le fait de faire son propre programme à l’avance permet en parti d’éviter ce piège : on fait son programme en fonction de ses priorités avant que le débat ne commence et n’impose des sujets qui conviennent aux politiques. Bref, c’est moi qui fixe le terrain d’affrontement intellectuel avant que la bataille ne commence et je choisirais en fonction de l’adéquation des programmes sur ces terrains et non pas ceux qui émergeront dans les médias.

 

Cet exercice a de nombreuses limitations dont je prends maintenant pleinement conscience et qui d’ailleurs ouvrent des champs de réflexion bien plus grand sur le fonctionnement de la démocratie en général :

-         Le premier et principal concerne la limite de mes compétences. Je suis un simple citoyen cherchant à prendre les meilleures décisions possibles. Je ne suis expert d’aucun des vastes sujets que la politique aborde : économie, éducation, sécurité, droit, relations internationales… J’ai certes un peu plus de temps à consacrer à ces sujets de réflexion, une motivation probablement supérieure à la moyenne pour chercher à établir mes convictions sur les bases les plus solides possibles et peut-être un bagage intellectuel légèrement supérieur à la moyenne - mais rien d’exceptionnel non plus, je ne suis pas un penseur professionnel. Il reste que je suis sur ces sujets comme l’immense majorité des citoyens : un amateur. En conséquence, une bonne partie de mes idées sera probablement entachée de cet amateurisme faute de connaissance suffisamment approfondie. La réflexion et les quelques recherches de document (simples – le temps est toujours une limite) que je vais essayer de mettre en œuvre pour étayer mes arguments ne pourront certainement pas palier complètement ces carences.

-         La deuxième limitation concerne un biais de perspective difficile à supprimer complètement. Nous avons tous des à priori, des idées fausses dont les origines sont multiples - notre éducation, nos lectures, les idées transmises par nos proches, nos vécus personnels - dont il est impossible de se départir complètement. Ils ont forcément un impact fort sur nos idées politiques même si l’on cherche à s’en défaire et que l’on vise à l’intérêt général. Ces à priori vont probablement ressortir involontairement dans mon programme virtuel.

-         Je n’ai aucun moyen de chiffrer le coût des mesures proposées. L’étude d’impact est totalement inaccessible au simple citoyen et on peut même se demander si c’est accessible aux partis politiques. Le risque est bien entendu de voir le programme proposé devenir une sorte de lettre au Père Noël avec plein de bonnes intentions irréalisables. Ici seul le « bon sens » peut être utilisé pour éliminer ce qui est visiblement irréaliste – avec toutes les limites que cela représente.

-         Il est extrêmement difficile d’être exhaustif tant les domaines d’intervention publique sont larges surtout en France.

 

J’assume pleinement ces limitations. Oui, je risque de paraître naïf. Oui certaines de mes propositions ou de mes arguments comporteront probablement des grosses bourdes du fait que je ne maitrise pas complètement les sujets que je vais aborder. Oui, il est probable que certains de mes à priori seront mis à nu. Oui certaines de mes propositions seront peut-être financièrement irréalistes. Tout cela je l’assume : mieux vaut passer pour un imbécile en exposant ses lacunes mais avoir une chance d’évoluer que de rester un con seul dans son coin avec ses fausses certitudes.

 

Ce que je peux espérer de mieux c’est que cela constitue des points de départ à des échanges de qualité argumentés et que les commentaires me permettent (et permettent aux lecteurs et commentateurs éventuels) d’avancer dans la réflexion et changer d’avis lorsque c’est pertinent.

 

Quelques remarques finales :

  • J’adhère pleinement à la déclaration d’intention de Verel sur ses propres propositions : http://verel.typepad.fr/verel/2011/01/mon-programme-pour-2012.html . Toute proposition d’amélioration part forcément d’un constat de dysfonctionnement ce qui peut conduire à une vision très pessimiste des choses. Je suis très loin de partager ce pessimisme généralisé qui semble être très courant en France actuellement. Il y a des choses à améliorer mais globalement, je crois qu’il y a très peu de pays où la qualité de vie soit meilleure et je suis très loin d’adhérer au discours qui voudrait nous faire croire que c’était mieux avant.
  • Les propositions seront exposées en vrac, sans classification d’importance ou de priorité car elle seront rédigées en fonction de mes possibilités physiques (pour ceux qui n’ont pas lu la page d’intro, je suis malade et cela limite donc mes possibilités). Elles seront postées au fur et à mesure de leur rédaction, celle-ci étant contingente de mon état de santé.
  • Mes propositions sont bien entendu libres de droits, toute personne voulant les faires sienne est le bienvenu.

Publié dans Programme 2012

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