Mauvais résultats de la France aux études PISA et si l’académie française était en cause ?

Publié le par ideesmobiles.over-blog.com

Cette après-midi, ma femme somnolait tranquillement à coté de notre fille qui jouait avec des cartes imagées quand tout à coup elle a entendu celle-ci épeler puis prononcer correctement les mots écrits sur les cartes. Stupeur de ma femme : Notre fille sait lire à tous juste 4 ans !!! Sauf que l’illusion n’a durée que 30 secondes et notre fille s’est trahie en prononçant fleur après avoir épelée marguerite. Elle est donc très motivé pour apprendre à lire, peut-être parce qu’elle voit son cher père passer beaucoup de temps à lire sur son ordinateur… Un peu plus tard, elle m’a encore demandé d’écrire sur l’ordinateur. D’habitude elle écrit son prénom (qu’on a eu la bonne idée de choisir court) plus papa et maman quand elle est en forme et qu’elle arrive à rester concentrée. La chute est invariablement la même avec de grandes séries de lettres aléatoire ou des variations d’azerty… Cette fois-ci on a changé les règles : elle me donnait un mot que je lui épelait pendant qu’elle le tapait au clavier. Doudou, tétine et souris ont ainsi été écrit et lorsque qu’on a commencé à écrire tableau, juste après le L, j’ai vu sa main se diriger spontanément et très directement vers le O avant que j’ai pu dire le E ! Visiblement il y avait un déclic et elle était prête pour une avancée notable dans la direction de lecture… Malheureusement j’ai dû lui expliquer que qu’aussi incongru que cela puisse paraître on n’écrivait pas tablo mais tableau. Elle est resté toute songeuse et visiblement un peu déçue… Son apprentissage de la lecture vient tout d’un coup d’être décalé de plusieurs mois mais ce n’est pas forcément plus mal.

 

Il faut bien en convenir notre langue est pleine de ces bizarreries graphiques qui compliquent singulièrement son apprentissage. Cela me rappelle une discussion avec un guide touristique lors d’un voyage en Turquie. Il expliquait que Kemal Atatürk dans sa grande entreprise de modernisation de la Turquie suite à l’effondrement de l’empire Ottoman avait introduit une réforme radicale de l’écriture turque. L’alphabet arabe avait alors été remplacé par l’alphabet latin et il est presque phonétique ce qui fait qu’à part quelques rares exception le turc s’écrit comme il se prononce. Si l’on ajoute le fait que le turc est une langue fortement agglutinante ce qui visiblement simplifie pas mal la grammaire, il concluait que l’apprentissage de l’écriture était très simple et rapide pour les enfants. En gros le problème rencontré avec l’orthographe de tableau pour ma fille de 4 ans ne se serait pas posé en Turc.

 

D’où mon questionnement. Il est évident et bien connu que toutes les langues ne présentent pas la même difficulté d’apprentissage et donc le temps de scolarisation nécessaire pour sa maitrise n’est pas le même. L’allemand dont on a essayé à plusieurs reprises de m’inculquer quelques rudiments est ainsi beaucoup plus dur et long à maitriser que l’anglais ou l’espagnol… Et je ne vous parle même pas du chinois… Cette hypothèse est singulièrement renforcée par le fait que les jeunes finnois sont arrivés en tête de l’étude PISA et que le finnois est également une langue agglutinante. Est-ce vraiment un hasard ? Y-a-t-il une étude ayant été effectué pour évaluer la difficulté d’apprentissage des différentes langues ? Ces résultats ont-ils été croisés avec les résultats de l’étude PISA pour rechercher une corrélation ?

 

Le français avec ses règles de grammaire byzantines, sa manie d’affecter un genre aux objets inanimés et son orthographe qui à force de vouloir préserver à tout prix l’étymologie est largement décorrélé de la prononciation, est particulièrement difficile, surtout si comme moi on a une mémoire principalement auditive. L’ensemble de ces particularités sont bien sur farouchement défendues par l’Académie Française dont c’est le rôle explicite et la raison d’être. D’où le titre de cet article, si les français ont des résultats déplorable aux études PISA c’est peut-être que l’on consacre un temps considérable à leur enseigner toutes les subtilités de notre grammaires, les nombreuses exceptions et l’orthographe contre-intuitive, toutes choses que l’Académie Française pourrait simplifier si elle s’en donnait la peine et avait des objectifs autres que la préservation de traditions surannées. On en viendrait presque à regretter de ne pas avoir perdu la première guerre mondiale : peut-être que l’on aurait également procédé à une simplification de notre langue si l’on avait été forcés d’adopter l’alphabet arabe.

 

Bon d’accord, le résultat si l’on écrivait comme cela se prononce serait assez proche du sms et assez difficile à lire pour le non-habitués. Il faudrait donc probablement prévoir une réforme progressive pour adoucir le choc et éviter ke l’on è du mal a conprandre. Les gains de productivité dans l’éducation seraient potentiellement gigantesques mais pas uniquement : combien de temps perdu dans les administrations, les entreprises, les journaux pour vérifier grammaires et orthographe de rapports et publications diverses ? Il est bien entendu qu’il faudrait vaincre la résistance naturelle et corporatiste des professeurs de français dont une bonne partie du fond de commerce disparaitrait subitement. Y-a-t-il un politique assez suicidaire pour inscrire ça à son programme ?

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